Parce qu'elle était sans nouvelles de Gyl, qu'elle avait naguère aimé, la narratrice est partie sur ses traces. Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, Anne s'interroge sur cet homme qui, plutôt que de renoncer aux utopies auxquelles ils avaient cru, tente de construire sur les bords du Baïkal un nouveau monde idéal. À la faveur des rencontres dans le train et sur les quais, des paysages qui défilent et aussi de ses lectures, elle laisse vagabonder ses pensées, qui la renvoient sans cesse à la vieille dame qu'elle a laissée à Paris...

Depuis la mort de Martial Battandier, son premier époux, Léa dirige l'exploitation forestière qu'il lui a léguée, en plein cœur du Jura. Seule pour gérer le domaine, n'ayant ni l'autorité ni l'expérience de son défunt mari, elle n'est pas vraiment la bienvenue dans l'univers masculin des bûcherons et des débardeurs. Déterminée et courageuse, elle fait appel à Raphaël, un ingénieur des Eaux et Forêts qui va l'aider à surmonter les difficultés et lui apprendre le métier de forestier.

Un récit relatant l'enfance de Louis XIV en admiration devant sa mère, la belle Anne d'Autriche, haïe pour ses relations supposées avec le cardinal Mazarin. Histoire d'un jeune enfant qui rêve du jour où il sera vraiment maître de son destin en tant que roi de France.

Les frères Louganis se sont établis dans les années 1930 à Spetses, une île proche du Pirée. Ils sont devenus pêcheurs, ont construit une maison, pris femme, fondé leur famille. Des années plus tard, à bord de leur caïque, ils meurent dans l'explosion d'un pain de dynamite, laissant deux enfants : Pavlina et Aris. Un mystère plane sur cette mort : accident ou crime doublé d'un suicide ? Dans la sensualité solaire de son île grecque, la jeune Pavlina est tombée amoureuse de celui qu'elle croit son cousin, le bel Aris. Elle ignore le secret que sa mère a jadis confié au pope du village, et qui dévastera pour longtemps la famille : Aris est du même père que Pavlina. Dès lors l'enfant qu'elle attend, fruit d'un inceste, est promis à l'adoption. Ainsi commence le récit d'un double arrachement - à un territoire, à un enfant.

Callas, c'est à la fois un mot mythique et magique. Qui n'a pas au moins une fois dans sa vie entendu parler d'elle ? Petite fille mal aimée, diva adulée, elle va mourir d'amour comme les héroïnes qu'elle a sublimées sur scène lorsqu'elle sera abandonnée par le seul homme qui a su faire battre son cœur. Eve Ruggieri raconte l'histoire de cette femme amoureuse et celle, complexe de la plus grande diva du XXe siècle.

Elle était en retard, toujours en retard, c'était un de ses défauts, elle le savait, mais, d'abord, elle n'avait pas retrouvé son sac, et une fois qu'elle l'avait retrouvé (sous sa veste en velours bleu pendue à la patère dans l'entrée), c'étaient ses clefs qu'elle avait cherchées. Elles auraient dû être dans son sac mais elles n'y étaient pas et elle fit le tour de l'appartement - deux, trois fois - avant de songer à vérifier dans les poches du jean qu'elle portait la veille. Mais où étaient-elles donc ? Pas le temps de prendre un toast. Ou de faire griller du pain. Pas de petit déjeuner. Plus de jus d'orange dans le frigo...

Ce roman est l'histoire d'une enfant, Anna, blessée dans un jeu archaïque et brutal. C'est l'histoire d'un tortionnaire, Traquette, abruti de misère et de solitude, qui se fera lui-même torturer par ses comparses au cours d'un règlement de compte. C'est l'histoire de Thomas, épileptique et solitaire, enfermé pendant cinq années dans un hôpital psychiatrique pour un acte qu'il n'a pas commis. C'est l'histoire de Marie qui rencontre Thomas par hasard et qui le ramène à la liberté et à la vie. C'est l'histoire d'un amour qui naît entre Thomas et Françoise, la mère d'Anna, cette petite fille qui, en grandissant, découvre le pardon.

A la mort de Barbe Blanche, son fils Hossein hérite du târ qu'on se transmet de génération en génération. Mais l'instrument lui résiste, refusant de libérer les accords mystiques qui font la gloire des musiciens d'Iran. Sous ses doigts, il ne semble plus qu'un morceau de bois sans sève. Avec son jeune frère Nur, Hossein décide alors de se rendre à la ville d'Ardabil, où le meilleur luthier de la région pourra changer les cordes du târ et, peut-être, le faire revenir à la vie. Ils trouvent une cité terne et grise.

Iles de beauté est peut-être le plus beau livre d'Alain Gerbault, en tous les cas le plus heureux, le plus serein. Fin décembre 1933, après trois années passées en Europe et un an de voyage, le navigateur jette enfin l'ancre aux îles Marquises, première étape de ce qu'il appelle la route du vrai retour . Et c'est une libération, comme si, après des années de tourments et d'errance, Gerbault se retrouvait. Partageant la vie des insulaires, leurs pêches, leurs jeux, notant leurs légendes, explorant les îles une à une, il mène une vie libre, sans souci des conventions.

Voici dix ans que son fils est mort, il avait quatre ans et demi. Pour la première fois depuis ce jour, quelques moments passent sans qu'elle pense à lui. Alors, pour empêcher l'oubli, ou pour l'accomplir, aussi bien, elle essaie d'écrire l'histoire de Tom, l'histoire de la mort de Tom, elle essaie de s'y retrouver. Tom qui est devenu mort, Tom à qui on ne pense plus qu'en sachant qu'il est mort.

Bruno Salvador, alias Salvo, métis né au Congo Kinshasa, élevé à l'école de la Mission africaine bercée par les chants chrétiens, devenu un interprète de renom, spécialiste des langues de l'ouest africain, est envoyé en mission par le Renseignement britannique sur une île perdue, où, lui dit-on, l'avenir et le salut de son pays natal se joueront lors d'une conférence secrète. Sont réunis sur cette île des bailleurs de fonds occidentaux et des chefs de guerre africains rivaux.

Lou, treize ans, intellectuellement précoce, est une élève brillante et isolée. Fille unique délaissée par une mère tombée en dépression après la mort d'un bébé et incomprise d'un père aimant mais prisonnier de son impuissance. En classe, les autres élèves l'appellent 'le cerveau'. Pour Lucas et 'son air de bagarre' - les mauvais garçons au sourire d'enfant, ça a toujours fasciné les fortes en thème -, elle est 'pépite'. Dans le cours de l'exigeant monsieur Marin, elle a proposé de faire un exposé sur les sans-abri et d'interviewer une jeune femme SDF. A la gare d'Austerlitz où elle vient régulièrement regarder les gens et les trains partir, elle rencontre No.

Etudiant en médecine, Rémi Darrast a fui une situation familiale scabreuse, laissant derrière lui une enfant, Constance, confiée alors aux siens. Après treize années de bourlingue en Afrique et en Extrême-Orient, il revient en France. Nous sommes en 1900. Constance à quinze ans. La jeune fille est depuis toujours imprévisible, changeante, désespérée. Elle porte en elle la douleur de l'abandon. Sa mère est morte, son père est parti, son oncle Etienne, le seul à l'avoir comprise, a disparu en mer, un jour de tempête.

En 2002 et 2003, dans la région de Grenoble et près du lac d'Annecy. Quelques années auparavant, pour venger son père accusé à tort d'un crime abominable, Georges Socrate a tué les trois femmes qui l'avaient injustement dénoncé et a conduit la famille vers une lente agonie. Après ces représailles savamment orchestrées, Georges, traqué, se cache. Il est introuvable. Mais l'histoire a une suite... Florence, Marie et Odile, les trois filles dont les mères ont été assassinées, sont elles aussi victimes d'accidents. Coïncidence ? L'une y trouve la mort. Florence, l'ancienne compagne de Georges, reste plongée dans le coma. Enceinte. Mais quelqu'un sait, quelqu'un a vu l'assassin. C'est un tout petit être, tapi dans le ventre de sa mère. L'enfant en devenir communique par télépathie avec Florence, il intercepte toutes ses émotions et en possède 'la mémoire enfouie'. Bruno Bigeat, lieutenant de police à la retraite, se met au travail. La piste Georges Socrate semble évidente, et pourtant...

François, un enfant de l'Assistance, est adopté par une famille de paysans. Il mène une vie pénible entre les travaux de la ferme, les repas frugaux et les coups de ceinturons, mais reprend espoir quand il rencontre Blanche, une jolie jeune fille...

Depuis la mort de son mari, Rebecca Brandt a perdu goût à la vie. Un jour de juillet, elle décide de mettre fin à ses jours, mais un visiteur inattendu, Maximilien, débarque en compagnie d'un couple d'étudiants, Inga et Marius. Cette dernière leur propose de camper chez elle. L'ambiance se dégrade et Marius disparaît.

Youki, 26 ans, est à Prague en ce mois de janvier 1995 pour y rencontrer le prix Nobel et poète tchèque Pavel Kampa. Elle fait une thèse sur Robert Desnos et c'est Kampa en mai 1945 qui a recueilli son dernier souffle à la sortie du camp de Terezin. En réalité ce n'est pas le poète qu'elle vient rencontrer mais son père supposé.

Syriane et Marek sont des elfes, espèce rivale des hommes, autrefois décimée par la peste. Aujourd’hui, les elfes sont traqués par la Ligue, organisation qui recourt aux épidémies, aux conflits internationaux et aux manipulations médiatiques pour les éliminer. Comme les Kennedy, Jim Morrison, Kurt Cobain et tant d’autres, Marek et Syriane sont la proie des limiers, la police secrète de la Ligue.

Le dernier volume de Dune, La Maison des Mères, paru il y a vingt ans, laissait l'action en suspens. Surgies du fond de l'espace, fuyant un fléau mystérieux, les redoutables Honorées Matriarches avaient détruit à tout jamais la planète Dune. Mais d'où venaient-elles ? Comment allait se conclure leur conflit avec les restes de l'Ancien Empire ? Voici enfin la réponse à ces questions. On sait que Frank Herbert avait l'intention de donner une suite et une conclusion à son œuvre. Ses héritiers littéraires se sont inspirés d'un plan et de notes détaillées retrouvés dans ses papiers pour écrire ce livre et celui qui le suivra. Ils achèvent ainsi leur audacieuse entreprise de redonner vie au monde Dune.

En pleine nuit, au milieu de nulle part, un homme surgit et se fait renverser. A ses côtés, un sac rempli de billets. Voleur ? Trafiquant ? Peu importe. Deux millions d'euros, là, à portée de main. Aucun témoin. Que faire ? Appeler la police, ou disparaître avec l'argent ? Vigo et Sylvain, jeunes informaticiens au chômage, ne tardent pas à se décider. Le lendemain, une fillette aveugle est retrouvée morte dans un entrepôt. Peu après, une autre est enlevée. Diabétique. Ses heures sont comptées. Et si le magot n'était autre que la rançon destinée à sauver la vie d'une gamine ?

Avec un humour et un talent de conteur à tomber par terre, Jeffrey FORD promène son lecteur de surprises en surprises dans une histoire aussi abracadabrante que classique. Sous des dehors fantastico-ésotériques, « La fille dans le verre » est un vrai thriller qui se dévore en quelques heures, avec une vraie fin, une vraie ambiance et de vrais personnages. Raconté par un jeune mexicain recueilli dans le ruisseau par Thomas Schell, un charlatan/magicien/médium de génie, le scénario se déroule doucement et s’intéresse de près à la vie de ce Oudini du pauvre, aussi élégant qu’intelligent, dont la principale occupation consiste à dépouiller de leur argent des riches désoeuvrés en les faisant communiquer avec les morts. A sa décharge, il faut reconnaître que c’est la crise de 1929 aux USA, et qu’il faut bien bouffer.

C'est au milieu d'une église vide, un petit matin d'hiver, face au corps sans vie d'Antenora, sa grand-mère, que l'auteure remonte le cours du temps sur trois générations, évoquant comme dans un rêve une mosaïque de souvenirs et d'émotions... Les personnages de sa famille surgissent par touches impressionnistes, une succession d'anecdotes tendres et cruelles...

Il paraît que les romanciers ont tous les droits. Y compris celui de délirer. De ces libertés, certains font un usage immodéré. C’est le cas d’Arto Paasilinna. Dans « Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen », l'auteur finlandais conte la vie d’un truculent pasteur protestant. Un homme qui prêche comme ceci : « Le diable rôde parmi nous tel un lion rugissant. Mais quand Dieu lui cingle l’échine de son fouet, il y a du poil qui vole et la Malin chie dans son froc. » Comme si la vie de l’ecclésiastique n’était pas assez agitée, ses paroissiens se piquent de lui offrir pour son anniversaire un ourson orphelin. Réaction de la femme du pasteur : « Par les cornes de Belzeb… » Et de ce jour, on appela l’ourson Belzeb. Ce roman est un petit délice. Le lecteur est soulevé par l’énergie des premières pages, emporté par une écriture admirable, toute en finesse et simplicité. C’est un roman à la Brassens, où l’homme est généreux, libertaire, anticlérical, content de son sort, un peu naïf, un peu poète et franchement misogyne, faute de comprendre les femmes.